M. Macron met en garde contre la stigmatisation des musulmans dans le conflit autour du voile en France

KONFRONTASI -  Le président français Emmanuel Macron a mis en garde contre le risque de "stigmatiser" les musulmans ou de lier la religion islamique à la lutte contre le terrorisme.

"Nous devons être solidaires de tous nos concitoyens", a déclaré M. Macron lors d'une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel, mercredi.

Il a fait cette déclaration alors qu'une Française a dit qu'elle engageait une action en justice contre des politiciens d'extrême droite qui lui reprochaient de porter un foulard islamique en public.

La France compte environ cinq millions de musulmans.

C'est la plus grande minorité musulmane d'Europe occidentale.

Le port du foulard ou du voile musulman - appelé hijab - est interdit dans les écoles françaises, les bureaux du gouvernement et certains autres bâtiments publics.

La semaine dernière, une mère musulmane qui portait le foulard lors d'un voyage scolaire avec son fils au parlement régional de Bourgogne-Franche-Comté, dans l'est de la France, a reçu des insultes de la part d'un député.

Une image de la femme - nommée Fatima - embrassant son fils a été largement partagée après que des images de l'incident aient été publiées sur les réseaux sociaux.

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Elle a également déclenché des manifestations de rue dans la région et a relancé un débat national sur le voile musulman. En France, il n'existe actuellement aucune loi interdisant aux mères de porter le hijab lors des voyages scolaires.

Mercredi, M. Macron a appelé à une meilleure compréhension de la religion musulmane en France et a condamné ce qu'il a qualifié de "raccourci fatal" de relier l'Islam au terrorisme.

"Il y a beaucoup d'irresponsabilité parmi les commentateurs politiques", a-t-il ajouté : "le communautarisme n'est pas du terrorisme."

'Mon fils s'est approché de moi en pleurant'

L'incident au Parlement régional de l'Est de la France s'est produit lors d'un voyage scolaire le vendredi 11 octobre, au cours duquel Fatima a accompagné son jeune fils.

Un homme politique du Rassemblement national, le parti d'extrême droite de Marine Le Pen - anciennement connu sous le nom de Front national - l'a vue pendant un débat et lui a ordonné d'enlever son voile.

Julien Odoul a posté son échange verbal sur Twitter ainsi qu'un message citant une attaque au couteau mortelle contre quatre policiers à Paris au début du mois, qui a été liée à la radicalisation islamiste.

"Après le meurtre de nos quatre policiers, nous ne pouvons tolérer cette [provocation]", a-t-il écrit.

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Dans une interview accordée au Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), Fatima a déclaré qu'elle était assise tranquillement dans un coin de la salle quand elle a entendu quelqu'un crier "au nom de la laïcité".

"Les gens ont commencé à crier et à s'énerver ", a-t-elle dit au CCIF : "La seule chose que j'ai vu, c'est la détresse des enfants - ils étaient vraiment choqués et traumatisés".

"J'ai essayé de les rassurer... mon fils s'est approché de moi et m'a sauté dessus en pleurant. Je leur ai dit que je ne pouvais pas rester", raconte la mère de famille.

Son avocate, Sana Ben Hadj, a déclaré que sa cliente s'était sentie "humiliée" après que les images de l'incident aient été largement diffusées.

Le CCIF a indiqué que Fatima déposait une plainte dans la ville de Dijon pour "violences à caractère racial commises... par des personnes ayant autorité publique", ajoutant qu'une autre plainte serait déposée à Paris pour "incitation à la haine raciale".

Le foulard fait partie d'un débat plus large

L'incident a également déclenché un débat sur le port du foulard par les mères lors des voyages scolaires, alors que les enseignants n'y sont pas autorisés.

Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a été largement critiqué pour avoir suggéré que le voile n'était "pas souhaitable" dans la société française, et Marine Le Pen a demandé qu'il soit interdit lors des voyages scolaires.

L'interdiction du foulard musulman et d'autres symboles religieux "ostensibles" dans les écoles publiques en France a été introduite en 2004.

Elle a reçu un soutien politique et public écrasant dans un pays où la séparation de l'État et de la religion est inscrite dans la loi.

En 2011, la France est devenue le premier pays européen à interdire le voile islamique intégral dans les lieux publics, tandis que les alternatives telles que les hijabs, qui recouvrent la tête et les cheveux, restent légales.

Selon cette législation, aucune femme, française ou étrangère, ne peut quitter son domicile le visage caché derrière un voile sans courir le risque d'une amende.

L'ancien président français Nicolas Sarkozy, dont l'administration a introduit l'interdiction, a déclaré que les voiles opprimaient les femmes et n'étaient "pas les bienvenus" en France.


La France est officiellement un Etat laïque et les vêtements couvrants ont été au centre de nombreuses controverses ces dernières années.(Jft/BBC)

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