15 December 2019

En grève, les assistantes maternelles renfilent leur gilet rose

KONFRONTASI -  Une nouvelle voix s’élève dans la grogne sociale de ces dernières semaines. Celle des assistantes maternelles, qui seront en grève ce mardi 19 novembre, en divers endroits du territoire. En cause : l’article 49 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, débattu au Sénat ces jours-ci.

Le texte de loi assigne les assistantes maternelles à s’enregistrer sur le site de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) et à rendre publics leurs disponibilités, mais aussi leurs coordonnées personnelles et les prix qu’elles pratiquent.

Dans le détail, le texte précise qu’il s’agit de « donner aux familles une vision complète de l’offre sur le territoire », et surtout « de développer des outils de recherche et de mise en relation entre les parents et les modes d’accueil susceptibles de répondre à leur besoin ». Seulement, là où le gouvernement voit un facilitateur pour les parents en activité, les assistantes maternelles perçoivent, elles, l’outil d’un « flicage » et d’une mise en « concurrence » qui confine au « nivellement par le bas ».

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« On ne nous aide pas à assurer la sécurité des enfants »

Il n’est pas nouveau que des parents et des assistantes maternelles entrent en contact par le biais de plateformes Internet. Mais jusqu’alors, « les coordonnées (adresse mail, nom, téléphone et même adresse postale) ne sont pas visibles par les parents », rapporte Laurence Joly, cofondatrice du « Collectif des Assistantes maternelles en colère/Gilets roses ». « On a un pseudo et les parents entrent en contact avec nous directement sur le site. » L’assistante maternelle explique que la diffusion de ses coordonnées peut l’exposer à « un démarchage commercial abusif ».

 

« Il y a plus grave, ajoute-t-elle. On va être obligées de renseigner nos congés. Chacun saura quand on est chez nous ou pas, et si on est avec les enfants. » Laurence Joly confie qu’elle craint « les cambriolages », mais surtout « les personnes malveillantes à l’égard des jeunes enfants ». Puis elle conclut : « On est censé assurer la sécurité des enfants qu’on nous confie, mais là pour le coup on ne nous y aide pas… On n’est pas contre ce site, c’est juste qu’on ne veut pas qu’il nous expose à la vue de tous. On veut que notre sécurité soit garantie. »

La menace d’un retrait d’agrément

Dans son communiqué, le « Collectif des Assistantes maternelles en colère/Gilets roses », dont Laurence Joly est l’une des instigatrices, regrette « la méthode coercitive » employée par le gouvernement. Ce dernier prévoit en effet de retirer l’agrément aux assistantes maternelles qui refusent de transmettre leurs informations à la Cnaf. « Sans cet agrément qui est délivré par les services départementaux, on ne peut pas exercer », précise Laurence Joly.

Interrogée sur une éventuelle participation des assistantes maternelles à la grève du 5 décembre, la cofondatrice du collectif des Gilets Roses avoue qu’elle a « peur que [leurs] revendications, qui sont très spécifiques, soient noyées » parmi toutes celles des autres secteurs. Sans trancher, donc, elle se dit « concentrée pour l’instant sur la grève de mardi ».(Jft/Le Croax)

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